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Le pire c’est de ne pas comprendre la réalité " Mariano RAJOY

Si les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent, elles continueront, tout au long de la mandature, d'agir en caisse de résonance à chaque dégradation de la situation économique et sociale.
En ce début de mandat, nous étions en droit de croire que François Hollande profiterait de l'engouement de son élection pour imposer sa griffe dès la session extraordinaire du parlement de juillet en faisant voter une ou deux lois emblématiques qui auraient marqué le changement de gouvernance.

Pour ma part, en tant qu'adhérent du MoDem, j'avais espoir que notre échec cuisant aux législatives, après ceux enregistrés depuis la création du mouvement, aurait provoqué une remise en cause de la stratégie édictée par les responsables nationaux et de notre mode de fonctionnement.

Comment sans cette condition, recréer l'engouement sans précédent de 2007 qui avait fait adhérer un grand nombre de Français à cette troisième voie prônée par François BAYROU, cette voie du changement, cette voie de l'espoir. Je regrette que nos édiles nationaux ne se soient pas donné les moyens pour maîtriser et faire fructifier ce « patrimoine » électoral acquis pendant la campagne. Par une gouvernance autocratique, au mieux celle attendue dans un parti en tout cas pas celle qui doit prévaloir dans un mouvement, ils ont évidé cet espoir suscité, entretenu le découragement de ces nouveaux adhérents et sympathisants qui s'est soldé à la veille de la campagne de 2012 par une désaffection de 70 % des troupes dans les Mouvements Départementaux.

Dès le résultat des législatives connu, la déception des adhérents s'est manifestée sur la blogosphère, la base a exprimé ses interrogations, nombre de responsables départementaux ont manifesté leur désappointement et certains vice-présidents ont fait part de leur état d'âme. Pour faire chuter la pression, un conseil national exceptionnel s'est réuni le 30 juin au siège du Mouvement.

En cette rentrée après les premiers cent jours les constats sont là, le gouvernement et les responsables de notre mouvement n'ont pas été à la hauteur des espoirs ou aspirations soulevés pendant et après la campagne.

Pour notre pays, la situation économique et sociale continue de se dégrader et les indicateurs sont au rouge : le taux de croissance est déjà revu largement à la baisse par Bercy, la banque publique d'investissement a du mal à voir le jour, les perspectives de relance quasi inexistantes, les banlieues en « feu couvé », un Président hué par le peuple à Chalon.
Le mandat de François Hollande est certes pour cinq ans mais la situation présente, qualifiée d'exceptionnellement grave par lui-même lors d'une visite en province, exige des décisions fortes et immédiates, les mots ne suffisent plus.

La population, marquée par l'hyper présidence antérieure, veut du changement et maintenant. Elle n'accepte pas cette timidité dans l'action, les incertitudes réitérées ou la cacophonie permanente, étalée dans les médias, entre les différentes composantes de la majorité sur des sujets aussi importants que le nucléaire, le traité européen, la sécurité, la libéralisation de la drogue,...

Les Français, à travers les sondages de rentrée, expriment leur fort mécontentement et réclament un changement de rythme dans les réformes. Le mécontentement gagne l'ensemble du corps électoral à travers un chômage qui continue de progresser, des licenciements boursiers qui perdurent, des syndicats qui appellent déjà leurs adhérents à manifester leur impatience, le traitement de certains faits d'actualités (banlieues, Rom, etc.) qui interpelle le monde associatif et corporatif.

Pour notre Mouvement, le conseil national a tenu son rôle de soupape, aucune révolution en cours. François BAYROU a minimisé notre cuisante défaite, a justifié le choix d'être un Mouvement au lieu d'un parti, a tordu le coup aux rumeurs malveillantes qui s'étalaient dans la presse et a rappelé que cela serait une erreur de céder à la bipolarisation.
Il s'en suivit une annihilation des critiques et des revendications formulées par la base par la confirmation qu'un congrès est prévu en 2013 et qu'il aura toute légitimité pour arrêter la stratégie du Mouvement, la constitution d'un groupe de « quadra » autour du secrétaire général pour réfléchir à notre organisation et préparer les futures échéances électorales et l'affirmation que c'est dans le renforcement de notre liberté que se situe notre influence et que notre mouvement politique est non soluble dans l'un ou l'autre camp. Le cours de l'immobilisme reprenait son lit et François BAYROU annonçait son intention, dans les mois qui viennent, de prendre du recul en visitant le pays du silence, de se consacrer au travail des idées et de laisser aux vice-présidents l'expression du Mouvement sur l'actualité.

Le conseil national a désamorcé la grogne, mais il n'a pas répondu à l'attente de la base sur l'installation d'un véritable débat sur notre fonctionnement interne et notre stratégie. Dans cet état d'esprit que peut-on attendre des universités de rentrée dans le crachin breton ?

De plus, les propos tenus ces derniers temps dans les médias par nos vice-présidents : « Le Modem n'est pas passé avec armes et bagages à gauche », « Le Modem est disponible pour élargir l'équipe gouvernementale » ou « Le Modem a vocation à gouverner et non à s'opposer » ne généreront pas les échanges nécessaires pour engager les changements dans notre Mouvement. Pour atténuer ces prises de position très divergentes, j'en déduis que pour éviter un nouvel éclatement, un consensus sera recherché où la forme sera privilégiée au détriment du fond.

Le conseil national a démontré que de nombreux cadres, dont je fais partie, croient toujours en cette troisième voie, cette voie de l'indépendance, cette voie de la vérité, cette voie du refus du bipartisme. Cette frange du MoDem reflète l'attente de nombreux Français mais c'est l'offre qui est défaillante.

La persistance de nos édiles à se raccrocher au Centre, de prôner l'union des centres, à entretenir le rôle de supplétif, cette constante de vouloir superposer la troisième voie espérée avec le dit Centre est à l'origine de la perte de confiance de l'électorat dans la concrétisation de cette troisième voie. La troisième voie n'a pas vocation à être un espace restreint ou le trait d'union entre les deux blocs droite, gauche mais bien d'exister à côté, d'être un Mouvement fort de ses valeurs, de ses idées et son projet.

Les futures échéances sont là, européennes, municipales, sénatoriales et régionales. Le Mouvement Démocrate ne peut continuer sur cette stratégie de l'indécision nourrie par une attente constante de ralliements, de cooptation de personnalités qui se déclinent en finale en chimères pour les adhérents, en désillusion pour les cadres départementaux et en frustration pour ceux qui veulent porter le combat pour notre Mouvement. Il est temps que nos édiles nationaux reconnaissent leurs erreurs de stratégie et prennent la voie radicale du changement.
Pour commencer notre mue, il nous faut réformer notre organisation, nous devons décentraliser, mettre de la démocratie dans le Mouvement en donnant une réelle existence aux Unions Régionales et se donner les moyens d'existence de cette troisième voie en dehors des partis et schémas traditionnels.

Dès maintenant, engageons le combat pour l'Europe en montrant notre ambition pour son devenir et créons les conditions nécessaires, sous la responsabilité des Unions Régionales, pour être présents aux élections municipales et régionales. La troisième voie pour exister devra s'appuyer sur un maillage d'élus fort, bien implanté et l'existence de cadres du Mouvement connus et reconnus localement et nationalement.

Le changement pour le MoDem, c'est aussi maintenant.

Serge Gaubier
Président du MoDem 91
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