MoDem 91
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modem_91_blogFrançois Bayrou a tracé la voie d'un nouvel axe politique, central, humaniste et démocrate, qui refuse de s'inféoder à sa droite ou à sa gauche. Les aléas de la vie partisane et les soubresauts que rythment élections et coups médiatiques, manoeuvres ou projets ont brouillé la ligne et donné le sentiment que le Mouvement démocrate tanguait entre les alliances comme un lointain ancêtre, toujours en vie quoique moribond que le clivage droite/gauche fit éclater en radicaux valoisiens et radicaux de gauche.

Le pragmatisme commande souvent des alliances, désespérant parfois des citoyens en quête de simplicité et qui trouvent un exutoire dans la caricature.Cet article a été approuvé par le comité éditorial du site. Toutefois, le contenu, comme pour tous les articles du Blog, est de la seule responsabilité de l'auteur et n'engage en rien la position officielle du mouvement démocrate départemental de l'Essonne Ces compromis en vue de remporter une victoire dans les urnes et faire ainsi avancer chacun une partie de son projet participent souvent, il est vrai, d'arrangements, de combines et d'une sordide course à l'échalote ou au strapontin. Du compromis à la compromission, jeu de mots naguère fréquent et conspué dans le discours convenu des professionnels de la politique. Pourtant, faut-il rester en deçà de la vie démocratique, confinés dans un discours angélique et drapé dans le manteau d'une vertu immaculée ? Peut-on reprocher à François Bayrou des alliances au cas par cas quand il avait annoncé d'emblée qu'il n'excluait aucune entente et que entendait préserver ainsi l'indépendance de son mouvement ? Peut-on se lamenter sur les alliances et déplorer que le MoDem ait de moins en moins d'élus. Non, le Mouvement démocrate n'est pas une cellule de dangereux extrémistes du Centre mais la volonté commune de femmes et d'hommes conscients des difficultés de notre pays et épris de valeurs de liberté et d'altruisme. Si son éthique politique doit rester solide, elle ne doit cependant pas s'effaroucher de descendre dans l'arène politique, de discuter pied à pied, projet contre projet, de bâtir des programmes avec d'autres dans l'intérêt supérieur de nos concitoyens.

Aujourd'hui, d'autres personnalités politiques ont cru en cette troisième voie, incarnée par François Bayrou au moment des Présidentielles ou Daniel Cohn-Bendit le temps des Européennes, ou bien persuadées comme Jean-Louis Borloo de pouvoir infléchir des politiques dans un sens plus social et plus respectueux de la planète. Elles font aujourd'hui l'amer constat de la force de destruction que constitue ce duo, minoritaire en voix mais omnipotent en sièges (les tours de passe passe de notre "démocratie" !), que forment l'UMP et le PS et qui se partagent la direction du pays. Nicolas Sarkozy l'a d'ailleurs éhontément illustré, au-delà de l'ouverture, en nommant sous couvent de prétendue démocratie des députés socialistes à des fonctions de contrôle parlementaire ou à la Cour des comptes, en ayant même projeté un scrutin majoritaire à un tour pour ce conseiller territorial qui dès 2014 règnera sur nos conseils régionaux et généraux, une aubaine pour les plus gros partis ; même si la version finale récemment approuvé par le Sénat prévoit deux tours, le scrutin majoritaire obérera les chances pour les partis plus modestes d'avoir des représentants. La Gauche phagocyte Europe-Ecologie ou plus exactement les Verts sous l'impulsion de Jean-Vincent Placé, tout comme les Centristes viennent de voir ressurgir devant leurs yeux ébahis le spectre de l'Etat-RPR.

Pourtant, à l'image de la crise financière dont sont victimes les citoyens pour longtemps et suite à laquelle les banques, que l'on devait mettre au pas s'enrichissent plus encore et gardent les mêmes règles du jeu, les Centristes et les professionnels de la politique rejoignent l'idée dont Jean Arthuis ne s'est pas départie : refonder l'UDF. Ainsi, la Confédération centriste que semblent vouloir Hervé Morin et Jean-Louis Borloo n'en serait-elle pas le nouvel avatar ? La négation de ce que François Bayrou a accompli : la transformation de l'UDF en parti, la motion d'indépendance et enfin la création du Mouvement démocrate. Il s'agirait donc de porter à nouveau des valeurs "centristes" et, après avoir été battu, on rentrerait donc manger la soupe à la maison UMP. Ce serait vraiment pathétique.

Mais peut-être est-ce une autre idée qui les anime ? Enfin rejoignent-ils enfin la position de François Bayrou, qu'il ne juge plus chimérique ? Peut-être ont-ils enfin entendu cette majorité de Français qui refuse de se reconnaître à droite ou à gauche ? Peut-être chacun mettra-t-il son égo et ses (petits ?) privilèges de côté pour enfin servir l'intérêt de la nation et de son peuple ?

Eric RAIMOND
Délégué de la 6e circonscription de l'Essonne
Membre du comité éditorial de www.modem-essonne.org
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