MoDem 91
Le blog

modem_91_blog_europeEn France, les médias ont mis l’accent sur le score important du Front National aux dernières élections européennes, symptôme de l’extrême défiance des électeurs envers la classe politique et de leur désamour de l’Europe.

Même si les populistes ont aussi obtenu des scores élevés dans les autres pays, les électeurs ont accordé la majorité de leurs suffrages aux partis pro-européens.

Ainsi un pro-européen résolu et expérimenté, partisan incontesté d’une Europe communautaire, le candidat présenté par le PPE (Parti Populaire Européen), a pu être désigné comme le nouveau Président de la Commission européenne : c’est Jean-Claude Juncker, ancien premier ministre du Luxembourg pendant 18 ans et ancien président de l’Eurogroupe pendant 8 ans. Il a rassemblé sur son ambitieux programme intitulé « Un nouvel élan pour l’Europe » une majorité large composée des groupes pro-européens du Parlement Européen, à l’exception notable et regrettable du groupe des Verts Européens (malgré le soutien déclaré de Daniel Cohn-Bendit).

Je vous propose donc une série de deux articles pour présenter la majorité et le programme :

  • Cet article, le premier, permet de revivre la construction de cette majorité jusqu’à l’approbation de Jean-Claude Juncker en tant que Président de la Commission par le Parlement Européen le 15 juillet 2014
  • Et le suivant de résumer les principaux axes de son programme et de marquer les points de convergence avec notre groupe au Parlement Européen, l’ADLE (Alliance des Démocrates et Libéraux pour l’Europe).

CONSTRUCTION DE LA MAJORITE CENTRALE AUTOUR DE J-C JUNCKER

Modalités de l’élection du Président de la Commission européenne

Pour l’élection du Président de la Commission européenne, il faut appliquer les dispositions de l’article 17-7 du traité de Lisbonne qui stipule « en tenant compte des résultats des élections au Parlement européen, le Conseil européen, statuant à la majorité qualifiée, propose au Parlement un candidat. Ce candidat est élu par le Parlement à la majorité des membres qui le composent. »

C’est pour imposer la prise en compte des résultats électoraux que les partis politiques européens se sont choisis un candidat à la Présidence de la Commission européenne.. Le candidat arrivé en tête va donc essayer d’être soutenu par le Conseil européen (c’est-à-dire les chefs d’état et de gouvernement) et par au moins 376 eurodéputés.. Il lui faut donc notamment créer une majorité parlementaire et obtenir le soutien du Conseil européen.

Résultats officiels des élections européennes

Le PPE (Parti Populaire Européen) a obtenu 221 sièges, devant les S&D (Socialistes et Démocrates) 191 sièges et en 4ème position l’ADLE (Alliance des Démocrates et Libéraux pour l’Europe) 67 sièges.

Dès les résultats connus en soirée du 25 mai, Jean-Claude Juncker déclarait qu’il voulait être le président de la Commission européenne car le PPE était arrivé en tête et car il était prêt à chercher une majorité avec les socialistes. Il indiquait espérer le soutien de l’ADLE et avoir fait un appel aux Verts, tout en excluant tout rapprochement avec l’extrême-droite.

Dès le 30 mai, Angela Merkel a apporté son soutien à Juncker, ainsi que Cohn-Bendit.

Lors de leur réunion du 21 juin à l’Elysée, les chefs d’état et de gouvernement sociaux-démocrates ont apporté leur soutien à Jean-Claude Juncker pour respecter l’esprit des institutions. Mais ils ont affirmé leur intention de peser pour imposer une réorientation de la politique économique européenne vers plus de croissance et d’emploi, grâce à des investissements massifs et un effort particulier pour l’emploi des jeunes.. Ils ont aussi souhaité une discussion sur les autres hauts postes de l’Union européenne, en plus de la Présidence du Parlement européen qui serait confiée à Martin Schulz.

Le 24 juin, les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Huit (à l'exception du Royaume-Uni et de la Hongrie) ont accepté de soutenir la candidature de Jean-Claude Juncker.

Le 26 juin, l’accord de majorité conclu entre les groupes PPE et S&D est étendu à l’ADLE.
En contrepartie de son soutien, l’ADLE a obtenu une vice-présidence du Parlement européen et une Présidence de commission parlementaire en plus et la prise en compte des priorités de l’ADLE dans l’élaboration du programme de travail de la Commission.

Le 1er juillet, le social-démocrate Martin Schulz a été réélu pour deux ans et demi Président du Parlement européen, avec l’appui des groupes S&D, PPE et ADLE.

Le 15 juillet, 422 eurodéputés ont voté pour Jean-Claude Juncker, 250 contre et il y a eu 10 bulletins nuls et 47 abstentions dont celles de tous les eurodéputés socialistes français. L’analyse des votes montre que les votes de l’ADLE ont été cruciaux pour la désignation de Jean-Claude Juncker comme pour celle de Martin Schulz.

Marielle de Sarnez et les six autres élus UDI-MoDem ont développé dans leur communiqué de presse du 15 juillet 2014 les trois raisons de leur vote pour Jean-Claude Juncker à la Présidence de la Commission européenne : l’homme, le programme, la consolidation de la démocratie européenne.

www.mouvementdemocrate.fr/article/avec-jean-claude-juncker-cest-une-nouvelle-etape-qui-souvre-pour-leurope

Patrick Borrot
Référent Europe du MoDem Essonne
  • Aucun commentaire sur cet article.

Écrire un commentaire en tant qu'invité

0 / 300 Restriction des caractères
Votre texte doit contenir entre 10 et 300 caractères