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modem_91_blog_europeCet article qui est le second de la série consacrée à la nouvelle Présidence de la Commission européenne, a pour objet de présenter les principaux axes du programme sur lequel Jean-Claude Juncker s’est fait élire.

PRINCIPAUX AXES DU PROGRAMME DE JEAN-CLAUDE JUNCKER

Le programme pour sa Présidence de la Commission européenne
http://ec.europa.eu/about/juncker-commission/docs/pg_fr.pdf
présenté par Jean-Claude Juncker au Parlement européen le 15 juillet 2014 à l’issue des discussions avec les groupes PPE, S&D et ADLE a de nombreuses qualités :

  • Il est court (15 pages), lisible et compréhensible par tous,
  • Il est centré sur les 10 domaines les plus importants pour l’Europe aujourd’hui,
  • Il contient des engagements précis et datés,

Les principaux objectifs affichés par J-C Juncker sont :

1. Impulser un nouvel élan pour l'emploi, la croissance et l'investissement

Il s’agit de mobiliser jusqu'à 300 milliards d'euros supplémentaires d'investissements publics et privés dans l'économie réelle au cours des trois prochaines années vers les infrastructures, c’est-à-dire les réseaux haut-débit, les réseaux d’énergies et de transports et vers l’éducation, la recherche et l’innovation, les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

2. Créer un marché unique du numérique connecté

Ce marché permettrait de générer jusqu'à 250 milliards d'euros de croissance supplémentaire en Europe au cours du mandat de la prochaine Commission, créant ainsi des centaines de milliers de nouveaux emplois, au profit notamment des jeunes au chômage, et une société de la connaissance dynamique.

3. Mettre en œuvre une politique énergétique commune

Il faut développer les énergies renouvelables, pour que l’Europe en devienne le numéro un mondial. Il faut aussi assigner un objectif plus ambitieux et contraignant que l'objectif 2020, en matière d’efficacité énergétique, notamment pour ce qui est des bâtiments.

4. Approfondir le marché intérieur et réindustrialiser l’Europe

Nous devons ramener le poids de l'industrie dans le PIB de l'UE de moins de 16 % aujourd’hui à 20 % d'ici 2020. Il faut mettre en place des contrôles plus stricts des banques au moyen d'un Mécanisme de surveillance unique et d’un Mécanisme européen de résolution unique. Il faut créer une Union des marchés de capitaux.

5. Renforcer l’Union économique et monétaire et la rendre plus équitable

J-C Juncker entend lancer diverses initiatives visant à renforcer l'Union économique et monétaire durant la première année de son mandat, notamment une proposition visant à rendre plus efficace la représentation externe de notre Union économique et monétaire.

Il propose aussi, à l'avenir, que tout nouveau programme de soutien et de réforme ne soit pas uniquement soumis à une évaluation de sa viabilité financière, mais aussi à une évaluation des incidences sociales. Il affirme être un tenant convaincu de l'économie sociale de marché.

6. Négocier un accord de libre-échange raisonnable et équilibré avec les États-Unis

J-C Juncker indique qu’il ne sacrifiera pas les normes européennes de sécurité (notamment alimentaire), de santé, les normes sociales, les normes de protection des données ou notre diversité culturelle sur l'autel du libre-échange.

Il n'acceptera pas non plus que la juridiction des tribunaux des États membres de l'UE soit limitée par des régimes spéciaux applicables aux litiges entre investisseurs. L'État de droit et le principe de l'égalité devant la loi doivent s'appliquer aussi dans ce contexte.

Il insistera sur la nécessité d'une transparence accrue à l'égard des citoyens et du Parlement européen - qui, en vertu des traités, aura le dernier mot sur la conclusion de l'accord - et ce, à toutes les étapes des négociations.

7. Améliorer la coopération judiciaire entre les états-membres et renforcer les droits fondamentaux dont la protection des données

8. Promouvoir une nouvelle politique européenne en matière de migration légale, d’immigration clandestine et d’asile

9. Renforcer le poids de l’Europe sur la scène internationale

Pour ce faire, il faut regrouper les outils de l’action extérieure de l’Europe (politiques commerciale, d’aide au développement, de voisinage et participation aux institutions financières internationales). Le Haut Représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité devra être désigné pour sa capacité à articuler tous les outils nationaux et européens et à agir de concert avec les commissaires européens en charge de ces domaines.

10. Renforcer le caractère démocratique de l'Union européenne

La proposition d'un candidat au poste de président de la Commission européenne sur la base des résultats des élections européennes et son élection représentent certes une avancée importante, mais il faut aller beaucoup plus loin dans la démocratisation de l’Europe.

J-C Juncker veut notamment renforcer la transparence des contacts des trois institutions avec les lobbies en créant un registre obligatoire des lobbies. J-C Juncker veut aussi améliorer l’interaction avec les parlements nationaux et appliquer le principe de subsidiarité.

Ce programme pour la Présidence de la Commission européenne pour le mandat 2014-2019, qui intègre des priorités que l’ADLE / PDE / UDI-MoDem a défendus avec vigueur, associe discipline budgétaire et croissance (« il n’y a pas à choisir l’un ou l’autre, il faut l’un et l’autre » dixit Guy Verhofstadt ), la relance par les investissements d’avenir, le marché unique du numérique, l’union de l’énergie, des objectifs plus ambitieux et plus contraignants en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique, la réindustrialisation de l’Europe, les contrôles plus stricts des banques, la représentation externe de l’euro, le partenariat transatlantique sans sacrifier ni nos normes ni nos modèles culturels et judiciaires, le renforcement de la place de l’Europe dans le monde, l’approfondissement de la Charte des Droits Fondamentaux sous la responsabilité d’un commissaire spécifique.

Guy Verhofstadt, le président du groupe ADLE au Parlement Européen a indiqué que l’ADLE apportait son soutien à Jean-Claude Juncker pour qu’il dispose d’une majorité stable lui permettant d’agir pour l’Europe.

Mais que ce soutien était conditionné à sa détermination et sa réelle capacité de mettre en œuvre le programme de travail convenu et donc de faire avancer l’Europe.

La volonté des trois groupes PPE, ADLE et S&D d’agir en faveur de l’Union européenne et leur esprit de collaboration ont permis de dégager une majorité pro-européenne stable et de s’entendre sur un programme ambitieux pour l’Europe.

Il est hélas significatif de constater que les socialistes français ont préféré se mettre en retrait de cette majorité centrale pour l’Europe. Plutôt que gouverner, nombre d’entre eux préfèrent les facilités de l’opposition. Il est dommage que les socialistes responsables s’acharnent encore à maintenir l’illusion d’une unité factice au PS. Quand ils en prendront acte, une majorité centrale sera aussi possible en France et pour le plus grand bien de la France.

Patrick Borrot
Référent Europe du MoDem Essonne

Article : Une majorité centrale avec un programme ambitieux pour l’Europe (1/2)

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