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drapeau européenQu’est-ce que la crise des migrants ?

Chacun parle de « crise des migrants » depuis un an environ, car c’est depuis début 2015 que le flux des migrants vers l’Europe a changé d’ordre de grandeur et aussi de nature. L’Europe n’a pas su gérer avec efficience l’accueil de tous ces migrants.


En 2014, le flux de migrants vers l’Europe était de l’ordre de 200000 par an. En 2015, il est passé à plus de 100000 par mois. Ce flux a aussi changé de nature : il venait principalement d’Afrique noire. Désormais, il provient aussi d’Asie, du Moyen-Orient et plus spécialement de Syrie. Il concerne de plus en plus de réfugiés politiques, de réfugiés de guerre et aussi de réfugiés climatiques. Face à ce flux, l’Europe n’a pas su adopter des mesures communes. Les égoïsmes nationaux se sont exprimés à plein : tandis que l’Allemagne accueillait plus d’un million de migrants, avec les débordements qui en ont résulté, notamment à Cologne, de nombreux États fermaient leurs frontières. operation triton Copie
Pour 2016, un tel flux devrait subsister. Pour les années suivantes, aussi. Il ne s’agit donc pas d’une crise éphémère mais d’un phénomène durable. Les opprimés sans ressources n’auront plus d’autre choix que de venir en masse vers des pays riches, à climat tempéré pour y vivre dans la paix et la démocratie.

Doit-on accueillir tous les migrants ?

Tout d’abord, il faut relativiser l’importance du flux vers l’Europe. Selon le Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU, il y aurait 60 millions de déplacés dans le monde. En relation avec la crise de la Syrie, il y a environ 8 millions de déplacés dont 4 millions hors de Syrie : plus de 2 millions en Turquie, 1.2 millions au Liban soit 25% de la population libanaise. Tandis que le nombre de migrants arrivés en Europe correspond à environ 0.2 % de la population européenne.
Mais un afflux important de personnes venues d’ailleurs, aux coutumes différentes des nôtres, peut être déstabilisant pour n’importe quelle communauté humaine.

À l’approche du Conseil européen des 18 et 19 février 2016, les divergences entre la France et l’Allemagne sur ce sujet ont été rendues publiques :
•    Angela Merkel cherche à constituer un groupe de pays européens qui  pourrait accepter de se répartir plus de réfugiés en échange d’une lutte accrue de la Turquie contre la migration illégale ;
•    Manuel Valls et François Hollande, dans une moindre mesure, ont été très critiques envers la politique d’ouverture de l’Allemagne et l’appel d’air qu’elle aurait ainsi créé. Manuel Valls a déclaré sur le sol allemand que l’Europe ne peut pas accueillir plus de réfugiés, sinon la fin de Schengen menace, entraînant le retour aux frontières intérieures de l’Europe, avec les conséquences économiques qui pourraient en découler. Pour lui, il n’y a pas de majorité en Europe pour imposer un mécanisme permanent de relocalisation.
Les nombreux points de convergence sont restés au second plan :
•    Sécurisation des frontières extérieures de l’Union européenne ;
•    Retour progressif aux dispositions de l’accord de Schengen ;
•    Partenariat avec la Turquie pour réduire le flux des arrivées.

Au MoDem, nous voulons distinguer les réfugiés et les migrants économiques. Comme nous considérons que le droit d’asile est un droit imprescriptible, nous nous faisons un devoir d’accueillir dignement et chaleureusement tous les réfugiés, toutes les personnes opprimées par les dictatures, le sectarisme religieux, les discriminations de toute nature ou par les guerres.
Concernant les migrants économiques, nous préférons les aider à vivre mieux chez eux, dans leur pays grâce à une politique plus ambitieuse d’aide au développement. Toutefois, nous pouvons en accueillir pour faire face à certains besoins particuliers de nos économies.

Que propose concrètement le MoDem en matière d’asile et d’immigration ?

marielle de sarnez 2 Copie« L’Europe a décidé d’accueillir des réfugiés mais est-ce qu’elle doit accueillir des réfugiés ? La réponse est oui. Les gens qui fuient la Syrie sont des gens comme vous, comme moi, qui - au bout de 4 années, 5 années de guerre - sont obligés de partir pour retrouver une perspective d’avenir. Les autres pays du monde aussi - et ils ne le font pas - doivent accueillir les réfugiés syriens. Simplement, il aurait fallu que cela soit fait de façon - on va dire - organisée et pas de façon un peu improvisée et trop chaotique. Cela doit s’organiser, bien sûr. »
Marielle de Sarnez, interviewée par Ruth Elkrief sur BFMTV le 22 février 2016

Intervention de Marielle de Sarnez sur les réfugiés du 22 février 2016

Le MoDem propose que l’Union européenne définisse et mette en œuvre une politique commune d’asile et d’immigration s’appuyant sur l’accord de Schengen et développant les outils de contrôle des frontières extérieures, tels que Frontex. Il ne faut certainement pas laisser l’Italie et la Grèce se débrouiller seuls face à l’afflux des migrants. De même, la France ne doit pas gérer seule l’afflux des migrants voulant s’installer au Royaume-Uni. L’UE doit harmoniser les procédures de droit d’asile – comment expliquer que la procédure est traitée en moins de 6 mois dans les pays scandinaves alors qu’il faudrait jusqu’à 5 ans en France ?
Le MoDem veut traiter les procédures à la source, dans les pays de départ. Ce n’est pas la peine d’imposer à des familles de venir en Europe en ayant bravé tous les dangers pour savoir si elles répondent ou non aux critères d’éligibilité au droit d’asile ou d’immigration économique.
Le MoDem veut financer les camps de réfugiés au plus près des pays sinistrés. Car beaucoup de réfugiés aspirent à revenir dans leur pays, lorsque la situation sera plus propice à leur retour.
Le MoDem veut lutter contre les passeurs qui exploitent sans vergogne le désarroi d’hommes et de femmes livrés à eux seuls. Il faut aussi amener des pays clés tels que la Turquie à agir résolument, ainsi que le demande le Conseil européen.
Le MoDem veut bien répartir les migrants sur tout le territoire, ne pas les concentrer sur les zones défavorisées, ne pas créer des ghettos tels que la Jungle de Calais. Il faudrait aussi veiller à ne pas générer la jalousie des personnes en difficulté vis-à-vis des réfugiés qu’on semble accueillir à bras ouverts.
Concernant la Syrie, le MoDem pense que la priorité absolue est d’anéantir Daech et veut donc que l’UE s’installe comme l’une des principales parties prenantes des accords et des combats visant à anéantir Daech. Ce n’est qu’ensuite qu’il faudra s’occuper d’installer la démocratie en Syrie.
Le MoDem ne veut pas favoriser l’immigration clandestine, c’est pourquoi ses conseillers régionaux ont voté pour la suppression de l’aide aux transports aux immigrés en situation irrégulière en région Ile-de-France.

La crise des migrants, c’est un défi pour l’Europe car les réponses à apporter ne sont pas simples mais doivent être conformes à nos valeurs de démocratie et d’humanisme. L’Europe joue son âme !
Plusieurs sondages montrent qu'une majorité d'Européens veulent que ce soit l'Europe qui s'occupe de traiter les problèmes liés à l'immigration. Ils ont compris que les États-membres ne sont pas capables de gérer efficacement les problèmes de dimension planétaire comme l'immigration.
L'Europe doit se décider à mettre en oeuvre une politique commune d'asile et d’immigration.
La crise des migrants est une chance pour l’Europe car si cette politique commune réussit, cela peut ouvrir la voie à des politiques communes dans d'autres domaines.

Patrick BORROT
Référent Europe du MoDem Essonne
Conseiller national du Mouvement Démocrate

PS : Les propositions du MoDem indiquées dans cet article proviennent de plusieurs sources exploitées par l’auteur depuis plusieurs mois, notamment cette tribune de Marielle de Sarnez

Marielle de Sarnez : agir pour une meilleure politique migratoire

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