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brexit 680Qu’est-ce que le Brexit ?

Brexit, contraction de « Britain » (la Grande-Bretagne) et de « Exit » (sortie) désigne le processus de sortie éventuelle de l’Union européenne de la Grande-Bretagne, ou plus exactement du Royaume-Uni.

C’est le 1er janvier 1973 que le Royaume-Uni a rejoint la CEE (Communauté économique européenne), devenue Union européenne en 1993. C’est le 23 juin 2016 que les citoyens britanniques décideront par le référendum sur le Brexit s’ils veulent rester dans ou sortir de l’Union européenne. Cette décision est lourde de conséquences pour le Royaume-Uni aussi bien que pour l’Union européenne.

L’histoire mouvementée d’une union singulière

Le Royaume-Uni a toujours eu une place singulière en Europe, de par son insularité contrebalancée par une proximité géographique incontestable avec le continent européen.
Les soubresauts de l’Histoire l’ont aussi poussé à tisser des liens étroits avec les États-Unis d’Amérique, qu’il s’agisse de l’émigration vers le continent américain et bien sûr des deux guerres mondiales.
La prise de conscience de sa marginalisation par les États-Unis et l’URSS l’amène au début des années 1960 à se rallier à la construction européenne. Sa première candidature, en 1961, se heurte au refus de la France du général de Gaulle. Le Royaume-Uni finit par rejoindre la CEE en 1973, après que les Français eurent accepté cette adhésion par référendum.

À partir de cette date, le Royaume-Uni et l’Union européenne ont vécu une histoire commune mouvementée :
-    le « I want my money back » (« j’en veux pour mon argent ») de Margaret Thatcher pour négocier les premières dérogations à la règle commune, la première entorse à la règle non écrite d’accorder la primauté à l’intérêt général européen ;
-    la participation enthousiaste au marché unique ;
-    les exemptions à l’Euro, à Schengen, à tout projet politique d’inspiration fédéraliste ;
-    les rabais assez importants (environ 3 milliards d’euros) à une contribution au budget de l’UE largement défavorable au Royaume-Uni (solde négatif d’environ 10 milliards d’euros), du fait notamment de la PAC (la Politique Agricole Commune) qui ne bénéficie guère au  Royaume-Uni ;
-    La requête fin 2014 de l’UE au Royaume Uni de verser une contribution supplémentaire de 2,1 milliards d’euros par application de mécanismes convenus à l’unanimité des États-membres ; requête refusée jusqu’ici car jugée hors de proportion avec le léger redoux économique sur le Royaume-Uni.

Et tout s’est accéléré : la victoire de l’alliance des Conservateurs et Libéraux-Démocrates en 2011, la promesse de David Cameron début 2013 d’un référendum d’ici 2017 en cas de reconduction de la majorité actuelle, la victoire en 2015, le chantage au Brexit de Cameron jusqu’au conseil européen des 18 et 19 février, puis la fixation de la date du référendum au 23 juin et enfin le lancement de la campagne depuis le 15 avril.

Les conséquences économiques du Brexit pour le Royaume-Uni

The Economist cite plusieurs prévisions émises par diverses organisations sur l’impact du Brexit sur l’économie britannique. Il s’agit de fourchettes d’amplitude assez large - jusqu’à 4%, dont la plupart sont totalement négatives mais certaines ont leur plus haut en positif. Elles traduisent la forte incertitude de ces prévisions, même si l’impact du Brexit sera probablement négatif.

Le Brexit pourrait affecter le PIB futur du Royaume-Uni de 4 manières différentes :
•    Les pertes découlant d’un niveau de commerce plus bas sont les plus importantes. Une étude issue de travaux d’économistes de l’Université de Groningue aux Pays-Bas conclut que le niveau de commerce s’est accru de 55 % grâce à l’appartenance à l’UE ;
•    Le Royaume-Uni économiserait sa contribution annuelle nette d’environ 10 milliards d’euros au budget de l’UE ;
•    Mais il accuserait des pertes liées à une baisse des investissements étrangers car les investisseurs privilégieraient alors d’autres zones de l’Union européenne ;
•    Le dernier aspect est la migration. Si le Royaume-Uni imposait des contrôles plus stricts sur les migrants européens après le Brexit, la croissance dépendrait de la capacité de trouver ailleurs les compétences dont l’économie britannique a besoin. La population britannique accepterait-elle volontiers le remplacement des migrants européens par des migrants venus d’Inde ou d’Afrique aux cultures plus éloignées ?

En résumé, les effets économiques du Brexit seraient négatifs avec des risques substantiels sur le court-terme. L’économie britannique est incontestablement le critère le plus défavorable au Brexit.

Les principaux arguments contre le Brexit

1) Avec le Brexit, l’Union européenne serait amputée d’une puissance militaire, diplomatique, économique et financière majeure. Elle perdrait ainsi 13% de sa population et 16% de son PIB.
2) Alors que jusqu’ici l’Union européenne s’est construite par élargissements successifs, le Brexit serait un signal très négatif pouvant inciter d’autres États-membres à quitter l’UE.
3) Le Brexit serait très néfaste aux affaires aussi bien pour le Royaume-Uni (voir paragraphe ci-dessus) que pour l’Union européenne.
4) Le Brexit serait très néfaste à la sécurité de l’Union européenne car alors la France serait la seule puissance militaire de l’UE et donc la seule à pouvoir réellement l’assurer.

Les principaux arguments pour le Brexit

1) Les partisans du Brexit considèrent que le Royaume-Uni se trouve entraîné dans le fédéralisme européen contre son gré.
2) Ils refusent aussi de payer pour les pays d’Europe du Sud jugés peu laborieux mais très dépensiers.
3) Les Européens reprochent au Royaume-Uni d’empêcher l’Europe d’avancer, avec les dérogations demandées et acceptées par l’UE. Il est de plus inadmissible que l’intégration de la zone euro soit freinée par le Royaume-Uni qui n’en est pas membre ni n’aspire à le devenir.

La décision du peuple britannique lors du référendum du 23 juin 2016 aura forcément des conséquences importantes sur l’avenir de l’Union européenne et sur celui du Royaume-Uni.
Le processus d’intégration continue de l’UE ne risque-t-il pas d’être stoppé ou au contraire libéré ? D’autres États-membres ne vont-ils pas décider de quitter l’UE ? Quelles nouvelles relations entre le Royaume-Uni et l’UE ? L’Écosse ne voudra-t-elle pas demander son indépendance pour adhérer directement à l’UE ? D’autres composantes du Royaume-Uni aussi ? Le Royaume-Uni ne va–t-il pas se retrouver marginalisé par le traité transatlantique en cours de discussion entre l’UE et les États-Unis ?

Nombreuses sont les interrogations. Venez aussi poser vos questions à nos invités, Tom Brake député LibDem du Royaume-Uni et Henri Malosse, ex-président du Conseil Economique et Social Européen qui interviendront lors de notre débat sur « L’Europe et la Grande-Bretagne face aux défis du Brexit » qui aura lieu lundi 9 mai à 19h au Théâtre Café Cultures de Draveil.
 
Patrick Borrot
Référent Europe du MoDem Essonne


Mes sources d’information :
L’article Wikipedia sur les « Relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne »

L’article « Brexit brief – The economic consequences » de « The Economist » du 9 au 15 avril 2016 pour la partie sur les conséquences économiques du Brexit pour le Royaume-Uni.


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