MoDem 91
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EstradeLa Journée de l’Europe est tous les ans un événement préparé avec soin par les responsables et les militants du Mouvement Démocrate de l’Essonne. Il est souvent réussi mais cette année il l’a été encore plus que les autres années.

Le temps fort de cette fête a été constitué par la Conférence – débat sur le Brexit avec :
•    Tom Brake, député anglais du LibDem, par Skype et vidéo-projection sur grand écran ;
•    Henri Malosse, 30ème président du Conseil économique et social européen ;
•    Eric Deloire, représentant le Mouvement Européen – France / section locale de l’Essonne.

Le MoDem 91 roule pour l’Europe

Pour commencer, le « Tour d’Europe à vélo » préparé par Alban Bakary et Iris Berthomier a pu se faire malgré le temps incertain.2 trois cyclistes place Jean Monnet Viry me

Six cyclistes ont ainsi porté les couleurs de l’Europe dans les rues de Draveil, Athis-Mons et Viry-Châtillon.

3 six cyclistes arrivee a Avenue Europe Draveil JLB

La conférence-débat sur le Brexit

Le maire de Draveil, Georges Tron a ouvert notre conférence en exprimant sa satisfaction que le sujet de l’avenir de l’Europe soit abordé à Draveil car c’est pour lui le sujet crucial des futures Présidentielles.

Tom Brake s’est exprimé dans un très bon Français, acquis au cours de ses études au Lycée International de Saint-Germain-en-Laye. Il s’est exprimé depuis son bureau de la Chambre des Communes via Skype, logiciel qui permet de passer des appels vidéo par internet, la vidéo étant projetée sur grand écran.

4 TomBrake Skype DRM

Le débat a été modéré par Tarik Meziane, président du MoDem Essonne, qui a veillé à répartir le temps de parole entre nos invités, à relancer le débat en abordant des sujets différents et à garder un temps important en fin de débat pour les questions du public.Salle Europe 1 Les discussions furent très denses et très riches en contenu comme en témoignent les tweets émis durant le débat sur le compte Twitter @modemessonne. Voici ce qu’il me semble important d’en retenir :

C’est David Cameron qui a promis le référendum sur le Brexit pour ressouder le camp conservateur face à la poussée populiste du UKIP (parti europhobe) et de l’aile droite des tories. Il ne pensait pas gagner si largement lors des récentes élections générales. Il croyait ne pouvoir obtenir la majorité qu’avec les députés du LibDem qui auraient alors refusé la tenue de ce référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Union européenne.
Finalement c’est une affaire interne au parti conservateur. Et c’est un calcul électoral qui risque de se transformer en piège pour le Premier Ministre, avec des impacts considérables pour le Royaume-Uni et l’Union européenne.

Le résultat du référendum ne peut être prédit, même quatre jours après les élections municipales.

Tom Brake commence par rappeler l’attachement très fort des LibDem au maintien du Royaume-Uni à l’Union européenne. Il nous indique que le vote du peuple britannique va être influencé par le sentiment qu’il aura de pouvoir garder son libre-arbitre dans le processus d’intégration européenne, notamment que l’euro ne soit pas dans le futur la seule monnaie de l’UE. C’est pourquoi l’accord obtenu par Cameron lors du Conseil européen des 18 et 19 février était très important pour avoir une chance de gagner le référendum.

Salle Europe 2 Le Premier ministre et les LibDem vont se battre pour gagner le référendum, c’est-à-dire le maintien du Royaume-Uni dans l’UE. C’est d’ailleurs un point positif de ce référendum que d’obliger certaines forces politiques à quitter une attitude de réserve et à devoir énoncer des arguments favorables au maintien dans l’UE.
Si le Royaume-Uni sort de l’UE, il devra subir des conséquences très défavorables.
Le CBI (Confederation of British Industry), la plus importante association patronale britannique, estime l’impact du Brexit à 100 milliards de livres (soit environ 130 milliards d’euros) et 1 million d’emplois.

Le FMI (Fonds Monétaire International) a aussi alerté les Britanniques sur les risques liés au Brexit. Outre les conséquences directes sur le Royaume-Uni, le FMI estime qu’il y aurait un risque sérieux sur la croissance mondiale du fait d’une période d’incertitude induite par les négociations nécessaires entre le Royaume-Uni et l’Union européenne pour trouver un nouveau mode de coopération économique.

Les relations internationales du Royaume-Uni se compliqueraient, son influence diplomatique diminuerait. Certains États verraient au contraire leur influence grandir, comme la Turquie qui n’aurait plus à faire face à l’opposition du R-U.

L’unité même du pays est en jeu avec le Brexit car le Scottish National Party demandera un nouveau référendum pour obtenir la sortie de l’Ecosse du Royaume-Uni et lui permettre d’intégrer assez rapidement l’Union européenne. Il est probable que de grandes entreprises étrangères n’investiront plus au Royaume-Uni, qu’elles soient du secteur industriel comme Nissan, BMW ou Toyota, et même financier.1 vue estrade et ecran pour skype CC.jpg large

Henri Malosse partage l’essentiel de ce qui a été dit par Tom Brake, sauf pour les dérogations obtenues par le Royaume-Uni au Conseil européen des 18 et 19 février. Il déplore fortement que cet accord ait pu être signé, car il pense que l’UE n’a pas seulement cédé sur des mesures techniques mais surtout sur les principes et les valeurs.
L’UE a concédé une dérogation financière pour la City, ce qui met en cause l’Union Bancaire établie pour éviter qu’une crise telle que celle de 2008 ne puisse se reproduire. L’UE a accordé des dérogations sociales, cassant ainsi le principe d’égalité entre les travailleurs européens.
L’UE surtout a cédé à la demande du Royaume-Uni d’être dispensé de l’obligation de former avec les autres pays européens une « union toujours plus étroite ». C’est une brèche dans laquelle risquent de s’engouffrer tous les gouvernements eurosceptiques, mettant un grave coup d’arrêt au processus d’approfondissement de l’intégration européenne.

L’UE va mal car elle est au milieu du gué. Elle a fait tout ce qu’il était possible de faire sans remettre en cause la souveraineté nationale. Pour aller plus loin, il va falloir y toucher et mettre en place des instruments de politique fédérale. On a fait Schengen mais sans créer de police commune. Il faut reprendre le flambeau de l’Europe des peuples et des territoires, surtout pour les jeunes.

Tom Brake exprime son souhait d’une Europe qui ait une âme mais qui soit flexible.  Il indique que les Britanniques sont contre l’intégration à marche forcée, contre un seul modèle d’UE.  Il espère aussi que le référendum du Brexit sera l’occasion d’un débat sur les valeurs.

Eric Deloire pense qu’il faut améliorer l’information sur l’UE des citoyens européens et particulièrement des citoyens français. Il pense aussi par rapport au débat sur les valeurs que les européens attendent des solutions, qu’il faut donc leur donner des solutions cohérentes aux valeurs, qui leur font référence.

Pour l’aider à gagner le référendum, Tom Brake nous propose d’aborder individuellement nos contacts britanniques pour les rassurer vis-à-vis d’un maintien dans l’UE, par exemple ceux qu’on peut avoir grâce à notre entreprise. Il nous indique que les LibDem essaient de convaincre les gens plus âgés d’en discuter avec les jeunes pour leur rappeler les apports de l’UE. Il estime que l’intervention d’Obama a été utile au débat sur le Brexit. Il ne pense pas qu’une intervention de François Hollande pourrait l’être.

Malosse Tarik Meziane relève qu’il y a une espérance de la construction européenne qui n’a pas abouti, car les intérêts du Royaume-Uni ne sont pas les nôtres. Henri Malosse acquiesce et constate qu’on se heurte au plafond de verre d’états qui ne veulent pas aller plus loin. Ainsi, par exemple, les services d’Etat ne partagent pas leurs informations en matière de lutte contre le terrorisme. Il y a un manque d’unité des états-membres qui nuit au traitement de dossiers tels que la Syrie, l’Ukraine. La France a aussi la réputation de n’être favorable aux avancées de l’UE que si elles sont placées sous son contrôle. Par exemple, qu’attend-on pour partager au niveau de l’UE les sièges détenus par la France et le Royaume-Uni au Conseil de Sécurité de l’ONU ?

Eric Deloire affirme que la souveraineté des états n’existe plus, elle n’est plus nationale mais pas encore européenne, surtout parce qu’on ne le veut pas. Enfin, la première dérogation c’est celle de la France par rapport aux 3% de déficit, qui est renouvelée chaque année depuis des décennies.

Henri Malosse conclut la conférence en disant que le Royaume-Uni n’est pas le problème mais le révélateur d’une Europe qui fonctionne mal.  Le Royaume-Uni a apporté beaucoup à l’Union européenne : marché unique et construction économique, politique de défense...

On a utilisé le système Monnet – Schuman jusqu’au bout. On a besoin d’un nouveau souffle. Des partis politiques et des citoyens organisés doivent intervenir.Meziane

2017 est un rendez-vous important pour l’Europe. Le projet européen ressort peu dans les débats. On attend le candidat aux Présidentielles qui se saisira du projet européen en termes positifs.

Le banquet démocrate

9 buffet groupe me La section de Montgeron avait préparé les diverses composantes de notre dîner.
L’apéritif nous a permis de déguster avec modération quelques excellents vins européens.
Le repas au buffet fut très apprécié, notamment avec les délicieux desserts européens.

Nicolas Méary

Compléments d’information

Les tweets émis par @modemessonne pour donner les principaux arguments échangés durant le débat. Merci à Sourya Zinnoury d’avoir réalisé un enregistrement aussi complet.

L’article « Le Brexit vu de l’Union européenne et du Royaume Uni » écrit avant le débat pour donner des éléments d’information et de réflexion à nos adhérents

La tribune « Brexit ou pas, l’Europe va sortir très affaiblie de cette épreuve » que Henri Malosse, notre invité, a rédigée avec Patrick Martin-Genier spécialiste des questions européennes et enseignant à Sciences Po, a été publiée dans Le Monde du 27 avril 2016.

Nota : cet article est à accès restreint.

Crédits photographiques

Merci à :

•    Charles Coudoré pour la photo de l’estrade et de l’écran pour Skype

•    Jean-Louis Bruneau pour la photo des 6 cyclistes

•    Daphné Ract-Madoux pour la photo de Tom Brake via Skype

•    Annick Delwaulle pour la photo de l’estrade et les photos post-débat

•    @modemessonne (Sourya Zinnoury) pour les autres photos intégrées dans cet article

Patrick BORROT, Référent Europe MoDem Essonne


  • Bonjour,

    la prochaine fois vous pourriez inviter Francois Asselineau? C'est un "champion" de l'euroscepticisme et il dirige un micro-parti de 12000 adhérents aujourd'hui. Il vous sera très facile de démonter un par un ses arguments fallacieux, et ca remotivera les militants

    Cdlt

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