MoDem 91
Le blog

Des millions de morts, des pays dévastés, des familles détruites : voilà le résultat de la dernière guerre mondiale. La raison ? La folie humaine, certainement. Mais aussi et surtout, prendre à l'autre ce qu'il a et que l'on convoite. Comme en 1917, les États-Unis sont intervenus à partir de 1941 pour, à la suite de l’URSS et avec elle, prendre en tenailles le Reich. Les pertes furent lourdes. Malgré cela, des partis europhobes, en Europe, déploient leurs néfastes politiques pour rétablir les frontières qui ne seront pas seulement physiques.

En 2017, l'Union européenne célèbre le 60ème anniversaire de la signature à Rome, le 25 mars 1957, de deux traités entre l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. L'un concerne la Communauté économique européenne (CEE) et le second la Communauté européenne de l'énergie atomique. Ces deux traités, facteurs de renforcement économique pour les Etats membres, sont entrés en vigueur le 14 janvier 1958.

Ce fut le point de départ d'une construction unique dans l'histoire : des États souverains, acceptaient, progressivement, de renoncer à des éléments de leur souveraineté comme la perméabilité des frontières ou la monnaie, de manière à mettre en place un ensemble permettant la libre circulation des personnes, des biens, des services,   des capitaux et la liberté d'établissement. Il est clair que des réticences sont apparues dans les différents pays européens, mais jusqu'à présent cette construction s'est poursuivie.

En 2008, quelle aurait été la situation de certains pays face à la spéculation monétaire si la force de l'Union européenne n'avait pas joué son rôle protecteur ? Comment ignorer l'importance du programme Erasmus pour les jeunes Européens, facteur d'échanges et d'amitiés ? Pourquoi certains demandent-ils le rétablissement des contrôles aux frontières alors qu'ils sont un frein au développement et qu'ils n'amélioreront certainement pas la sécurité ? Ces personnes, majoritairement de l'extrême droite, ne cherchent que la confrontation et seront à l'origine des troubles, voire plus, qui ne manqueront pas de se manifester.

Les luttes pour le pouvoir au Royaume-Uni et les mensonges ont conduit à ce résultat navrant du "Brexit". La Cour Suprême vient de dire que seul le Parlement de Londres pouvait défaire ce qui avait été voté par celui-ci en 1973. Pour en arriver là, le gouvernement britannique a dû constater dès les années 1960 que sa non-participation l'isole. Quelle différence avec aujourd'hui ? Malgré les mises en garde, les regrets d'un certain nombre de partisans du retrait, la décision de la Cour Suprême, la chute de la Livre Sterling et les délocalisations de postes qui se profilent, le gouvernement fait pression pour garder tous les avantages liés à l'appartenance à l'Union européenne sans devoir respecter la libre circulation des personnes…

Mais la bêtise n'a pas de limites. Aux États-Unis, un nouveau président veut lui aussi que son pays se replie sur lui-même en mettant en œuvre une politique protectionniste avec, comme il se doit, des tarifs douaniers dissuasifs pour les produits qu'ils ne fabriquent pas. À la limite, pourquoi pas. Mais il ajoute qu'il approuve le "Brexit" et qu'il souhaite que d'autres pays européens suivent cet exemple ! Pourquoi vouloir tuer l'Union européenne alors que les États-Unis ont toujours souhaité une Europe forte et unie, pour avoir un partenaire commercial important, mais aussi pour ne plus avoir à intervenir militairement en Europe, comme ils ont dû le faire en 1917 et 1944. C'est vraiment trop. Les pays européens doivent resserrer leurs liens et mettre en œuvre rapidement une diplomatie, une économie et une défense communes, ainsi qu'une protection satisfaisante aux frontières de l'Union. Cette nouvelle politique américaine doit être pour nous, Européens, un élément moteur pour une Europe plus forte, seul moyen d'exister dans un monde ouvert.

À nous Européens de surmonter les quelques désagréments que maladroitement la Commission européenne a suscités par des réglementations quelquefois étranges. L'Allemagne et la France doivent s'entendre étroitement et rapidement pour faire en sorte que ces politiques égoïstes et dangereuses ne s'étendent pas. L'Europe, qui a organisé sa sécurité et la paix, ne doit pas être remise en cause par les États-Unis. Elle doit se montrer unie.

Michel Laffaiteur
Militant de Soisy-sur-Seine


  • Aucun commentaire sur cet article.

Écrire un commentaire en tant qu'invité

0 / 300 Restriction des caractères
Votre texte doit contenir entre 10 et 300 caractères