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Annie Leclerc mars 20161/ Vous vivez depuis longtemps à Saint-Germain-Lès-Arpajon. Pouvez-vous nous rappeler quel y a été votre engagement associatif et citoyen? Quel est le cheminement qui vous a amené à vous engager politiquement dans votre commune ?

Avec mon mari, nous sommes arrivés en 1979. J’ai très longtemps travaillé dans une entreprise danoise en agro-alimentaire comme technicienne de laboratoire puis comme responsable des données informatiques de laboratoire. Les enfants ont grandi et j’ai travaillé à temps partiel, ce qui m’a permis de m’engager dans plusieurs associations. Pendant 16 ans, j’ai présidé le club de lecture de la ville.


Mon engagement politique date de toujours. Les années 90 ont marqué la commune, qui a été mise sous tutelle. C’est alors que les parents d’élèves ont commencé à parler de liste, de campagne… J’ai été élue conseillère municipale dans l’opposition en 1995, dans cette municipalité acquise aux communistes depuis les années 1950. On apprend beaucoup de choses dans cette position, mais on n’a pas accès à tous les dossiers. Cependant, parfois la majorité tient compte des propositions venant de l’opposition, alors on se sent déjà utile. C’est en tout cas un bon observatoire pour connaître les personnalités.
En 2002, j’ai aussi été élue dans l’opposition. En 2007, nous sommes rentrés au MoDem. En 2008, je me suis mise en retrait et c’est mon mari Christian qui a été élu et s’est consacré aux finances. En 2014 j’ai été élue à nouveau et mon mari Christian aussi, dans la majorité cette fois. En tant qu’adjointe au Maire des solidarités, je m’occupe des problématiques du handicap, des personnes âgées, de l’intergénérationnel…

2/ Après avoir été longtemps dans l’opposition comme conseillère municipale, vous êtes adjointe au Maire (solidarité et logement) depuis 2014. Quelles nouvelles orientations ont-elles été données à la commune depuis 2014 ?
Parmi les premières pratiques que nous avons mises en place, les permanences permettent à ceux qui le souhaitent de s’entretenir avec des élus. Pour ma part, j’y consacre deux demi-journées par semaine. J’écoute, je conseille… je reçois beaucoup de demandes de logement. Le but est de rétablir la mixité et ce n’est pas évident. Il a fallu réviser le PLU car on avait trop densifié. L’équipe municipale opte pour une urbanisation raisonnée et pour garder des espaces verts. Il faut aussi rénover la voirie et les bâtiments communaux qui n’ont pas été entretenus depuis 15 ans. La commune est d’ailleurs très endettée, ce qui met un frein à son dynamisme. Elle doit 250 000 euros par an, pendant 30 ans, pour financer un Pôle culturel de 9 millions d’euros, dont la construction a été décidée juste avant les élections municipales de 2014.

3/ Pouvez-vous nous faire un tableau de la situation du logement dans votre commune ? Quelle est la politique de la ville en matière d’urbanisme ?
Nous avons maintenant 26% de logements sociaux, contre 34% dans les années 2000-2010. En 2015, nous avons reçu plus de 300 demandes ; mais nous ne disposons sur le contingent municipal que de 32 logements tous types confondus (ainsi seule 1 demande sur 10 peut être satisfaite). Les besoins vont du T2 au T6. La mairie doit régulièrement accueillir des personnes exogènes, imposées par la Préfecture sans tenir compte des demandes locales. Les besoins sont importants et une école va être construite d’ici septembre 2018. Pour la financer, la chasse au gaspillage est ouverte, d’autant plus que les équipements actuels (dont le gymnase) ont plus de 30 ans d’âge. La baisse des dotations de l’État aggrave la situation.

4/ Vous êtes adjointe au maire en charge de la solidarité. Pourriez-vous nous présenter globalement la situation des personnes dans votre commune ? Quels sont les cas que vous aidez à résoudre ? En tirez-vous des motifs de satisfaction ?
Une forte population vit uniquement des aides sociales (RSA, CMU, CMUC, allocations de la CAF, APL…), ce qui pèse sur la fiscalité des ménages imposables. Il faut redresser la barre en restant juste. La municipalité de Saint-Germain-lès-Arpajon est très active sur le plan social et s'appuie sur le centre communal d’action sociale (CCAS) et le centre socio-culturel Berthe Morisot (CSBM) pour proposer différents services : alphabétisation, ateliers mémoire, cuisine, sorties, aides aux devoirs, repas portés à domicile aux personnes âgées…
Les besoins en santé sont importants : pour 10 200 habitants, il n’y a qu’un médecin généraliste, âgé de 68 ans. Les nouveaux arrivants ne trouvent pas de médecins ni de spécialistes. Pourtant la commune aide à l’installation des professionnels de santé.
Je trouve des motifs de satisfaction quand j’apporte une écoute à un germinois en détresse, quand je peux conseiller quelqu’un , quand j’arrive à débloquer une situation difficile, quand un logement proposé est accordé par le bailleur, etc…

5/ Pensez-vous que les projets du Grand Paris auront un impact sur la commune ? (direct ou indirect : flux et mobilité, économie locale, fiscalité)
Les subventions régionales vont aller au Grand Paris. Le RER C sera toujours en mauvais état et la RN20 saturée. Tous les financements restent en Petite couronne.

6/ Un projet de mosquée était pensé par l’équipe municipale précédente. Répondait-il et répond-il toujours à un besoin de la population ? Qu’en pensez-vous ?
D’une part, le projet de mosquée a été stoppé par la Préfecture car sa localisation, près d’un site dangereux, n’était pas conforme, d’autre part, la nouvelle majorité municipale refuse de prendre en compte le communautarisme. Ce projet n’est pas une priorité pour les Germinois qui attendent une crèche, une école, un gymnase, un stade stabilisé.

7/ Quelle est la situation des commerces de proximité sur la commune ?
Intermarché et Lidl marchent bien. Pour les autres, c’est dur ! Le marché du samedi matin a du mal à se développer : il faut changer les habitudes. Une navette municipale fait un parcours hebdomadaire entre le marché puis Intermarché. Les personnes âgées et non véhiculées apprécient, d’autant que c’est l’occasion d’échanges conviviaux.

8/ En tant qu’adjointe au Maire, à quelles situations êtes-vous confrontée et quelles solutions proposez-vous en tant qu’élue MoDem ?
On vient beaucoup me voir pour un logement. Des locaux qui travaillent vivent dans leur voiture. Avec le chômage, certains deviennent SDF. Finalement, nous n’avons pas suffisamment de studios et de T2.
Je constate de plus en plus d’agressivité, une affirmation de ses droits et une méconnaissance de ses devoirs. Surtout qu’en France actuellement, on semble tout faire pour les migrants et cela crée beaucoup de ressentiment pour ceux qui attendent depuis des années.
Nous sommes également confrontés à une jeunesse désœuvrée en recherche d’identité qu’elle ne trouve pas et qui dérive dangereusement.

Par Annick DELWAULLE, responsable éditoriale du site MoDem EssonneAnnick mars 2016 Copie

et Patrick BORROT, référent Europe


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