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ur 2015 blogL’université de rentrée s’est terminée comme tous les ans par le discours de clôture de François Bayrou. Excellent discours qui démontre sa très grande capacité d’analyse mais aussi de proposition.

Quant à sa capacité d’action, voyez ce qu’il a fait en 18 mois dans sa ville de Pau. Si l’on imagine ce qu’il pourrait donc faire pour la France alors cela donne vraiment de l’espoir.

Voici les idées-force que j’ai retenu de son discours.

 


François Bayrou - Discours de clôture - UR2015... par mouvementdemocrate

 

La France : un paysage politique en explosion dans un pays en implosion

Pour François Bayrou, c’est naturellement l’implosion du pays qui est de loin le plus frappant, le plus dramatique et le plus grave. Il a énuméré plusieurs échecs : l’éducation nationale, l’accroissement continu du chômage, l’explosion de la dette et du déficit, l’insécurité sociale, les difficultés des agriculteurs et leur peur de ne pas pouvoir faire perdurer leur exploitation, le labyrinthe de nos institutions toujours plus injustes et toujours plus inefficaces.

Tout cela est symbolisé dans une image vraiment frappante : Les réfugiés ne veulent plus venir en France. La France, pays des Droits de l’Homme.

De plus, les gens ont le sentiment que l’Europe n’est pas au rendez-vous. Pourtant seule la solidarité européenne permettra d’apporter une réponse construite et efficace à nos problèmes.

 

Explosion du système politique

Tous les partis, toutes les familles politiques se déchirent. Les Français n’ont jamais été aussi peu nombreux à avoir confiance en les partis politiques : ils ne sont plus que 5 %. Plusieurs raisons à cela :

1) les vieilles idéologies se heurtent au réel :

L’histoire grecque récente est symptomatique de cela : Pourquoi donc Alexis Tsipras a-t-il signé au nom de la Grèce un accord avec l’UE et le FMI, qui correspond à peu près à celui refusé par le peuple grec par référendum alors qu’il avait été élu sur le thème de l’austérité en Janvier ? Tout simplement car il a fait prendre conscience aux Grecs que la souveraineté populaire ne peut en effet aller contre cette réalité : « Lorsque l’on a besoin d’emprunter pour vivre, il faut bien évidemment donner des assurances sur le remboursement. »

2) la forme des partis politiques est dépassée :

Nous avons la responsabilité de réfléchir à ce que peut être la forme d’un mouvement politique pour le futur. Il nous faut réfléchir à la place des sympathisants, à ce que doit être la sélection pour le futur, de générations nouvelles et à leur formation. C’est la raison pour laquelle François Bayrou va demander à Marc Fesneau de mettre en place un groupe de travail sur la forme que pourrait prendre un engagement politique à l’avenir et l’organisation de cet engagement. François Bayrou compte beaucoup sur les jeunes car ils ont l’habitude du collaboratif, de la mutualisation des idées, du partage, de la « wiki – réflexion ».

Tout en ayant conscience que nous ne sommes pas un think tank. On a bien sûr des idées ! Mais un mouvement politique, c’est autre chose. Cela a une responsabilité dans la société.

 

Nous avons un devoir d’opposition dans la situation politique du pays.

Des millions de Français, qui n’étaient pas de gauche, ont cru que François Hollande pourrait être le réformiste qu’il annonçait devoir être.

Il a choisi de ne rien bouger, de ne rien changer. Sur de nombreux sujets, il y a une immense déception. Là où il faudrait innover et trancher, il reporte constamment au lendemain. Là où il faudrait vouloir, il ne veut pas. Là où il faudrait pouvoir, il ne peut pas. Et cette absence de vouloir et cette absence de pouvoir, il en fait un système, il théorise cela. Et sa théorie – tous ses visiteurs le disent – c’est que les cycles vont se retourner, qu’après la pluie viendra le beau temps, que demain ce sera beaucoup mieux.

Il y a dans la stagnation du pays une responsabilité de François Hollande et du PS. Ce double échec mérite sanction, notamment pour les échéances électorales qui viennent.

La réforme régionale, ou la prétendue réforme, est pour nous totalement insatisfaisante.

Les découpages sont scandaleux. C’est se moquer de l’histoire, se moquer de l’identité, oublier le patrimoine, c’est-à-dire vider la décentralisation de son sens !

Ces soi-disant régions ne peuvent être gouvernées efficacement car ce sont des états-fantômes

Aucun expert n’a été consulté pour cette affaire... C’est une insulte au bon sens, à l’éthique démocratique, et à la décentralisation. Nous, militants de la décentralisation, nous croyons que pour qu’il y ait une volonté il faut qu’il y ait une identité.

La situation de notre pays ne résulte pas seulement que de l'échec du gouvernement actuel et de François Hollande. Il porte une grande part de responsabilité. Mais la situation s’est dégradée depuis plus de 15 ans, bien que nous ayons sans cesse indiqué où allaient conduire les insuffisances et les incapacités de la politique française.

S’il fallait une preuve de cet échec partagé entre les gouvernements successifs, deux courbes suffiraient : la courbe du chômage de catégorie A depuis 15 ans qui n'a cessé de monter, et de monter au même rythme. De même, la courbe du déficit et de la dette montre que la dette n'a pas cessé de progresser en France et de progresser systématiquement au même rythme au cours des 15 dernières années. 

Il est impossible de gouverner la France courageusement dans la double paralysie dans laquelle nous vivons. C'est à dire d'un côté l'institutionnalisation de la division – la France coupée en deux –, la confiscation de la représentation.

Le Front National à 25%, l'extrême gauche à 10%, le centre à 12 ou 13% . Tout cela fait 50% des Français qui ne sont pas représentés. Si vous y ajoutez les 40% de Français qui s'abstiennent, alors vous êtes dans la situation où le monopole du pouvoir est exercé par des partis qui n'ont pas de base électorale.

Tant que ce Tiers Etat-là : 40% d'abstentionnistes, 50 % du reste... Qu'est-ce que le Tiers Etat? Tout. Que représente-t-il? Rien. A quoi aspire-t-il? A être quelque-chose. On a fait une révolution en France pour cela !

Mais il y a une deuxième cause. En raison de cette pratique, il est impossible pour la France de faire ce que toutes les autres démocraties font, c'est à dire créer des alliances, des coalitions, des ententes entre formations politiques certes différentes mais qui pourront aller dans le même sens. 

Cette analyse doit être replacée dans la perspective de l'échéance de 2017. Pour nous, cette échéance de 2017 ne doit pas se réduire ou se limiter à la question de l'alternance.

Nous avons une différence fondamentale avec les autres. Les premiers, ce qu’ils veulent, c’est garder le pouvoir. Les deuxièmes, ce qu’ils veulent, c’est reprendre le pouvoir. Nous, nous voulons changer le pouvoir pour changer le pays !

 

Notre but est de forger une volonté nationale,

La France doit redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être, c’est-à-dire un pôle attractif pour ses enfants et pour le monde. Pour cela, il faut que nous ayons un programme qui accepte de proposer des solutions concrètes :

  • l’école doit se fixer à elle-même une obligation de résultat pour l’acquisition de la lecture et de l’écriture, pour 100 % des gamins qui entrent à l’école maternelle et à l’école primaire.

Il faudra supprimer la réforme néfaste qui a été proposée pour le collège en France et rendre aux élèves leur droit à aller plus loin dans les langues vivantes ou dans les langues anciennes !

  • Nous avons un immense et désespérant problème de chômage et ce chômage est à mon sens lié à la question du droit du travail et du contrat de travail.

Robert Badinter a joué un rôle tout-à-fait précieux dans la prise de conscience de l’illisibilité de notre droit du travail.

Nous allons travailler sur l’idée d’un contrat de travail à durée indéterminée et à droits progressifs. Ce serait un contrat de longue durée mais que l’on pourrait interrompre si les choses ne vont pas, sans drame et sans procès et avec des indemnités fixées à l’avance.

Par rapport aux 35 heures, il faut bien sûr une majoration salariale pour les heures supplémentaires mais, pour que cela soit efficace, il faut compenser la majoration salariale par une diminution des charges du même montant.

  • Les aides sociales de toute nature représentent elles aussi un labyrinthe majeur, dans lequel personne ne se retrouve.

Ce système est extrêmement difficile à analyser et pousse à l’exclusion de l’emploi. Un certain nombre de gens ont le sentiment qu’ils perdraient, s’ils trouvaient un emploi, parce que de nombreux avantages liés à la situation de non-emploi disparaitraient : transports, avantages divers… Nous proposons depuis longtemps la mise en place d’une allocation sociale unique, par points.

Cette allocation unique, calculée par points serait compatible, cumulable, avec les revenus du travail lorsqu’on y revient. Il s’agirait d’une allocation qui pousse à trouver du travail au lieu de dissuader et décourager ces démarches.

  • Concernant les collectivités locales, François Bayrou ne demande pas d’argent supplémentaire mais affirme qu’il faut arrêter d’accumuler les charges, les normes et les obligations supplémentaires sur leur dos car elles ne peuvent pas y faire face.

  • Pour faire face à ces obligations, il faut changer la pratique institutionnelle de notre pays. Il faut que nous exigions l’instauration d’une loi juste pour la représentation des Français.

François Bayrou est prêt à examiner les deux hypothèses : scrutin qui garantisse la représentation de tous mais qui garantisse aussi une majorité à celui qui l’emporte, ou scrutin qui garantisse la représentation de tous mais qui oblige à former une majorité après.

De Gaulle et Jean Monnet disaient quelque chose de tout à fait évident : la vie politique est commandée entièrement par les institutions. Si vous avez de mauvaises institutions, vous aurez une mauvaise vie politique ; c’est le cas de la France aujourd’hui.

Pour les prochaines échéances, notre démarche est de privilégier l’idée de rassemblement pour bâtir une action cohérente, pour changer les choses. Pour construire l’avenir, nous sommes prêts à une forme d’abnégation, à ne pas penser en termes d’intérêt personnel ou partisan.

Si cette chance n’était pas saisie, alors nous prendrions nos responsabilités.

Au bout de ce résumé, je vous conseille vivement de lire et entendre le discours complet prononcé par François Bayrou à la fin de notre université de rentrée. Il suffit de cliquer ici

http://www.mouvementdemocrate.fr/article/europe-france-renaissance


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